Je suis Antoine, un homme de 40 ans. Je souffre de dépression chronique depuis mes 16-17 ans, des expériences de dissociations vers 5, 6 ans. Traitements nombreux, quelques séjours en HP, tentatives de suicide, diagnostic de trouble bipolaire qui m’a toujours paru incongru…

Mon mal-être m’a amené sur le chemin de la thérapie, jusqu’à me former en thérapie psycho-corporelle. Je ne travaille pas encore beaucoup, englouti encore par moments par l’envie d’en finir.

J’ai deux fils, un de 11 ans et demi qui vit avec sa maman, et un autre de 3 ans et demi, issu d’une autre union, et qui vit la moitié du temps avec moi.

Quand je vais bien, ce qui est assez rare, je suis heureux avec mes enfants. Et lorsque je sombre, c’est très difficile d’être avec eux, et mon attitude est parfois, souvent, violente, verbalement, psychologiquement, parfois physiquement, avec une volonté d’humiliation sous-jacente.

Je travaille ça en thérapie. Il y a deux ou trois mois, une mémoire a rejailli, d’une forme d’abus, mais c’est comme un brouillard inaccessible.

Et puis hier soir, je suis allé voir Les Chatouilles au cinéma. Et j’ai pleuré, pleuré, respiré un peu, et repleuré, jusqu’à encore aujourd’hui.

Je suis persuadé que quelque chose n’a pas tourné rond un moment donné. Mais ce putain de brouillard qui tombe sur mon esprit, sur ma vie, m’empêche de voir. Je ne sais pas si j’y arriverai. Et lorsque j’ai osé en parler à mon père ou ma mère, j’ai bien senti qu’il ne pourrait être question de soutien à cet endroit…

Mais il y a mes deux fils, que j’ai déjà abîmés et je ne veux plus ça, nom de dieu, que non!
La rage est toujours très très présente en moi et j’ai très envie de la mettre au maximum à leur service, et au mien, pour stopper cette transmission toxique.

Je continue les démarches, de nouveaux rendez-vous, jusqu’à trouver l’accompagnement qui me permettra de vraiment dépasser ce traumatisme.

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