Suite aux récents évènements annoncés par l’animatrice Flavie Flament, concernant son viol par le photographe David Hamilton, je me suis permis d’écrire au Procureur de la République, en octobre 2016, pour dénoncer des faits similaires avec un autre photographe. Le Tribunal de grande instance ne m’a pas toujours pas répondu à ce jour…

Comme elle, je faisais des photos pour un photographe, l’homologue français de David Hamilton dans les années 80. Etant dans le même domaine de photographie, ils se côtoyaient.

La dénonciation de Mme Flament a réveillé des vieilles blessures et je suis sûre que je ne dois pas être la seule… Sans doute d’autres femmes ont, comme moi, eu une réaction douloureuse en pensant à l’autre photographe.

J’avais eu la force et décidé de porter plainte en 2009 mais l’on m’avait dit au téléphone, qu’il y avait prescription… (Seconde sentence…)
Si j’ai écrit au TGI, en octobre dernier, c’est pour que mon témoignage puisse venir appuyer celui d’autres personnes qui auraient dénoncé ce photographe.

Je sais que les faits sont prescrits pour moi, ils ont été commis entre 1976 et 1981, mais il y a eu d’autres victimes. Non seulement, j’ai subi des agressions sexuelles mais il se servait de moi comme « appât ». Il m’emmenait chez les parents de ses futures proies, il se présentait comme photographe et sous couvert de faire des « essais », emmenait ces fillettes chez lui pour les violer. J’ai assisté à des scènes qui me hantent encore et je ne pouvais rien faire… Je porterai en moi à jamais cette culpabilité. J’ai notamment le souvenir de deux autres filles, l’une de 9 ans et l’autre de 13… L’une d’elles s’appelait Myriam et faisait de la gymnastique. J’ai demandé une fois de ses nouvelles, il m’a dit qu’elle était morte.…

Je suis sûre qu’il a continué ses activités malsaines jusqu’aux années 90 voire plus. D’autres jeunes filles ont dû subir le même sort avant et après moi. Pour ces victimes « récentes », la prescription n’est pas valable. J’ai l’impression que je peux, enfin, faire quelque chose.

C’est pourquoi je partage mon expérience aujourd’hui.

Il allait régulièrement en Allemagne, Hollande et Belgique. Il m’en parlait. Je suis sûre qu’il est lié à un réseau de pédophiles. Chez lui, il y avait des placards remplis de : photos, diapositives, cartes postales et autres images à caractère pédopornographique.

Il vivait en banlieue parisienne, dans le 92, une maison en pierre, avec un jardin derrière. On passait près d’un hippodrome pour y arriver. Il utilisait son pseudo de photographe.

Il avait des godemichés dans la boite à gants de sa voiture, il avait sur lui une carte de presse (et une fausse carte de police) qui lui permettaient de passer toutes les barrières.

Depuis l’affaire Hamilton, il doit faire profil bas… Je pense qu’il a déjà enlevé beaucoup de ses liens sur internet car entre mes recherches et l’affaire Hamilton, beaucoup de choses ont disparu…

Si vous lisez ce témoignage et que vous reconnaissez votre histoire dans mes propos, laissez un message sur lagenerationquiparle@gmail.com qui me transmettra.

Karine


Je m’appelle Dany, je suis la sœur ainée de Karine.
Si je n’avais pas été la première victime de ce bourreau de l’âme, elle n’aurait pas souffert, comme moi : j’avais 12 ans  … Je ne vous parle pas de mon état psychique depuis lors.
J’ai beaucoup à dire sur ce monsieur, j’ai même quelques « magnifiques photos artistiques ».
Une première plainte, en 99, fut classée sans suite. PRESCRIPTION.
Puis en novembre 2016, avec un autre chef d’accusation.
Rien… Aucun suivi…
Je serais ravie de témoigner si cela peut aider un autre enfant, devenu grand…
A bas l’impunité !

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