moi-1J’ai publié, il y a quelques jours, une interview de Laurent que vous pouvez retrouver ICI

Hier, j’ai lu les mots de Laurent sur son mur Facebook, et ils m’ont touchés…
Il y pose une des absurdités engendrées par les délais de prescription en vigueur concernant les violences sexuelles subies durant l’enfance, et il y souligne, avec perspicacité, comment les victimes peuvent se voir accuser de diffamation !
Vous pouvez découvrir ses mots ci-dessous.

Laurent a également interpellé les futurs candidats à l’élection présidentielle, lettre ouverte que le Hufftington Post n’a pas manqué de relayer !

Bravo Laurent !


Finalement, le clip que j’ai tourné dans le cadre de la campagne entourant l’annonce, mercredi, du premier plan contre les violences faites aux enfants ne sera pas diffusé.
Le service juridique du ministère de la famille, de l’enfance et des droits des femmes a estimé que, comme je n’avais pas déposé plainte, il y avait un risque minime de diffamation et qu’il n’était pas question de faire courir ce risque à Madame la Ministre.
Ce que je peux concevoir.

En revanche, là où j’ai le plus de difficultés, c’est avec cette double peine qu’on inflige aux victimes.
On nous demande de libérer nos paroles. Et, en même temps, tout est fait pour qu’on garde le silence.
Car comment libérer une parole quand en même temps on ne peut pas déposer plainte contre nos bourreaux, en raison de la prescription, et qu’on nous demande de nous taire à cause des risques de diffamation.

La diffamation, au sens purement pénal du terme, est une allégation ou imputation d’un fait non avéré qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne. C’est-à-dire que l’auteur des propos accuse sa victime d’avoir commis tel ou tel fait précis.

J’estime que mon frère n’est ni expressément nommé ni identifiable. Plus de 1000 familles portent mon nom, réparties dans des dizaines de départements.
A part le mien aucun prénom n’est cité dans mon livre, ni aucun lieu.
Mais je m’en voudrais de porter atteinte à l’honneur de mon frère qui lui, quand il me violait, se foutait complètement du mien.

A ce jeu-là, les victimes seront toujours perdantes car, en raison de la prescription, nous ne pourrons JAMAIS avérer les faits dont nous osons parler. Les auteurs, quant à eux, pourront TOUJOURS nous poursuivre en diffamation et nous soumettre encore à leur volonté. Encore une fois.  Tout concourt à nous contraindre au silence.

J’ai quand même choisi de parler et de courir ce risque aussi minime soit-il car notre Justice devra un jour enfin se décider à protéger les victimes d’un système où tout est fait pour nous dissuader de dire l’indicible.
Notre justice devra un jour faire en sorte que les doutes ne bénéficient pas toujours aux accusés.

J’ai quand même choisi de parler pour montrer la voie à celles et ceux qui n’osent pas et qui se cachent sous le poids de la honte et de la douleur. Je serai quand même présent aux côtés de la Ministre mercredi (ce 1er mars2017) pour l’annonce de ce plan. Histoire de bien montrer que je ne me tairai plus…

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