La personne à abattre…
J’ai mis les mots dessus, il y a quelques jours, sans le faire exprès…
Pour toi, je suis « la personne à abattre », comme si c’était toi ou moi, comme si les 2 ne pouvaient être vivants en même temps…

Tu as créé notre relation en dépendance, tu as posé comme des implants en moi, comme une bête saisie par un harpon au bout d’une corde.
Tout mon chemin de vie n’a eu finalement, jusqu’ici, pour but que de me libérer de ton emprise, et, plus je me libère et plus tu en crèves. Je sais bien quelle est la solution que tu préfèrerais, que je meure, ou au moins que je sois reconnue comme inapte, folle, instable, ratée…

Tu avais presque réussi, j’étais en vie mais avec tellement peu de confiance en moi, que terriblement exposée au grè de tou(te)s les taré(e)s que j’allais croiser… je devais la rater ma vie, et si ce n’est mourir au moins n’être que zombie…
Mais, je me suis accrochée, j’ai cherché à comprendre ce « je ne sais quoi » sur lequel je ne mettais même pas de mots. Et, plus je me suis accrochée à la vie, plus je me suis renforcée intérieurement et plus tu as sombré… Avoir voulu pomper ma force de vie s’est finalement retourné contre toi.

Dans ta gueule ! T’espérais quoi ? Que tu aurais pu ainsi abuser sexuellement de tes enfants sans avoir un retour de bâton ?… Elle sait la Vie ! Elle a fini par nous aider à retrouver, si ce n’est les souvenirs détaillés, au moins les sensations… Elle avait dû nous faire oublier pour que nous puissions rester en vie, tellement c’est moche et laid ce que tu nous as fait…

Evidemment tu es malade psychiquement, sinon comment aurais-tu pu ? Mais cela n’enlève rien à ta méchanceté, à ta perversité, à ton obscurité…

Le chemin n’est pas fini, il est long est plein de cailloux qui peuvent tordre les chevilles si on pose son pied sans regarder où l’on marche, mais il est certain que c’est nous qui gagnons, par forcément devant la justice, pas forcément face à toi… juste en nous. La lumière s’est installée à tout jamais à l’intérieur de nos vies et avec elle la force de croire en nous « no matter what »…

T’as perdu. Tu pourras t’égosiller tant que tu le voudras à dire que la « salope » c’est moi, la vérité s’est révélée et, avec elle, notre vraie nature amorce son éveil. Nous sortons enfin de cette toute petite case sombre et puante dans laquelle tu t’es acharné à nous faire rentrer. Ça fait mal de se déployer quand on est resté trop longtemps recroquevillé, mais, tu le sais, on va y arriver, et c’est bien ça qui t’énerve, qui te rend fou ! Toi aussi, tu étais mort… vraisemblablement souillé également… Tu n’as pas décidé de trouver la sortie, d’envisager un « autrement » plus respectueux de toi, de nous… T’as préféré vouloir nous faire tomber avec toi… T’as perdu !

J’ai accepté que j’avais gagné, c’est fini ! Game Over !!

Tu peux décider de rester en vie et de continuer à nous atteindre au travers de « l’obligation administrative » que nous avons de gérer ta pauvre petite vie étriquée en maison de retraite, et ta maison vide qui s’effrite quelque part en banlieue parisienne… Tu le peux, je m’en fous… J’ai expulsé, du plus profond de moi, la noirceur gluante et fétide que tu avais déposée dans mes entrailles.

Le cordon est coupé ! J’ai pris mes responsabilités et j’ai décidé de vivre heureuse telle que je suis. Mes blessures sont ma force. A toi de décider de prendre les tiennes, de responsabilités, ou pas…

Au bout du compte, toi et moi, on le sait, pas vrai ? Que tu la respectes ou pas, c’est la vie qui gagne ! Et peut-être que si tu es toujours en vie, après toutes ces armes de destruction massive que tu as absorbées, c’est que la vie a peut-être encore envie de te donner une petite leçon, histoire que ton passage sur terre n’ait pas juste servi à créer de la souffrance.

Je crois même qu’au fond, une partie de moi te souhaite de te libérer de ce déni absolu.

C’est vrai que ça fout un peu le tournis toutes ces possibilités qui s’offrent à nous quand on a accepté la vérité et pris conscience de son réel potentiel à transformer les situations… L’angoisse de la page « avenir » à écrire nous accompagne parfois, façon boule au ventre, mais je crois qu’il n’y a rien de meilleur que de ressentir cette infinité d’opportunités à vivre et à saisir

Que l’on soit d’un côté ou de l’autre, se libérer du déni c’est commencer à entrer dans la vie et dans la guérison.
Et même si « se réparer », ça pique comme un gros trou au genou après une chute à vélo, qui cicatrise difficilement, à la fin, sous la croûte qui s’est enfin formée, une peau neuve apparaît pour que nous puissions de nouveau marcher sans boiter.

A tout jamais, je me tiens fière, droite et indestructible, bienveillante envers mon enfant intérieur désormais protégé de toute obscurité.

Anne Lucie

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