Nous savons tous et toutes combien le chemin de la reconstruction est long, combien nous nous sentons comme sur des « montagnes russes », parfois dans le vivant, souvent dans le chaos de ce que nous avons vécu, dans nos colères, nos tristesses, nos haines… Pas à pas nous avançons, et parfois nous recevons, comme par magie, des mots, des gestes, qui nous réparent…

Je voudrais vous parler de ce que m’a dit mon meilleur ami, aujourd’hui, lorsque j’ai eu, enfin, la force de lui avouer mon histoire. Ceux sont ses mots, dit avec simplicité et une bienveillante spontanéité : « Tu as subi la chose la plus horrible qu’il soit ».
Il était bouleversé, mais le simple fait qu’il ait eut le courage de me dire cela, dans sa réalité crue… ce fut comme si un grand vent balayait mes peurs, mes émotions trop longtemps cachées, niées. Mon ami était le témoin, celui qui osait dire : « oui, on n’a pas le droit de faire subir pareille chose à un enfant ». Il avait fourni par cette seule phrase une légitimité à la parole d’une petite fille de 7 ans (il a voulu savoir mon âge à l’époque des faits).
Cet événement est pour moi tout à fait bouleversant. Je me suis sentie pour la première fois de ma vie totalement comprise.

En étant « la génération qui parle », nous nous donnons les moyens de surmonter cette épreuve, l’une des plus difficiles qu’un être humain ait à subir. Ne passons pas à côté de cette chance, parlons, pour que le lien que nous formons vienne briser nos solitudes et serve de ciment à un monde plus bienveillant, plus respectueux de la nature Humaine.

Véronique

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