Les liens toxiques

Tu coupes les fils
pour te reconstruire
tu pousses un grand cri
le cri de la vie
tu coupes les liens…
pour te reconstruire
mot à mot
tu dis.
L’enfant a grandi
douleur de ses liens
douleur de ses mots
dans sa chair meurtrie
coupe un à un
tous ces liens d’emprise.
L’enfant a grandi
maintenant il dit
c’est lui qui décide
des liens de sa vie
c’est lui qui décide
le sens de ses mots
du sens de sa vie.
Il coupe les liens
de sa chair meurtrie.
Il coupe les liens
juste pour pouvoir vivre

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La voix de l’enfant

Quand la voix de l’enfant resurgit,
du plus profond de soi
du plus profond du moi…
du plus loin que l’oubli
un grand souffle de vie
un grand cri qui surgit
du néant de la nuit
un grand cri qui se dit.

Quand la voix de l’enfant resurgit
du plus loin de la vie
des abysses de ce cri.

Quand tout refait surface
la parole est le cri
qui s’égare dans la nuit
comme un vent de fureur
qui emporte l’enfant
de ce cri oublié
de n’avoir pu se dire.
Remontent à la surface
et l’enfant et le cri.

En apnée de la vie
libère les entrailles
remonte à la surface
blessé encore une fois
pour une dernière fois
crier est une injure
crier toute cette injure
l’enfant est désarmé
il crie cette douleur
enfantée de la vie
les mots n’ont plus de mise
remplacés par le cri
remontent à la surface
et le cri
et l’enfant…
Ho souffle… de la vie.
Ho souffle… de l’oubli.
L’enfant a bien grandi…
et là, il peut se dire.

 

Corinne B.