Elle m’aura dit : « Ah bon ? Dans ce cas, tu n’iras plus. »
Elle, ma mère, celle en qui j’avais toute confiance.
Elle aura tenu sa parole mais elle l’aura laissé rentrer chez nous, encore, et encore… parce qu’il était comme la famille.

Ce jour là, il lui aura offert des fleurs, des roses roses.
Je me revois dans ma robe, je te vois me regarder.
Tu m’auras pris par la taille et serré si fort que je ne pouvais pas partir.

La photo de cet instant, je l’ai même sur papier.
Je suis très belle dans cette robe de demoiselle d’honneur, je souris.

Je te sens encore, je ressens ta barbe dans mon cou, ton souffle sur ma joue, ton odeur sur mon corps.
Je pourrais presque entendre ta voix.
Tu penses encore à moi, à la douceur de ma peau, à sa blancheur, ou à mes taches de rousseur ?
Tu penses encore à moi parfois ? J’espère que mon visage te revient.
Je te souris, tu me touches, tu me tues.

Non, je suis là !
Il reste ces morceaux de moi fracassés, engloutis, liquidés.
Il reste ces morceaux lapidés torturés envoûtés.
Non je suis là !

Je vis, je combats, je reste debout, j’irai jusqu’au bout pour ceux qui ne le font pas.

Manon

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