Petite, j’étais la victime de mon oncle, qui m’agressait sexuellement régulièrement : attouchements et exhibitions.
Je l’ai dit à mes parents. Mais ils n’ont rien fait.

Jeune adulte, j’ai déposé une plainte contre mon oncle qui a intégralement reconnu les faits (je n’étais pas sa seule victime) mais pourtant la plainte a été classée sans suite compte tenu de la prescription des faits. Cette décision m’a fait encore souffrir davantage : sentiments d’incompréhension, de solitude.

Il y a 3 mois, mon agresseur est décédé. J’ai cru tout d’abord à un immense soulagement.
Mais c’était un leurre. 

Le mal-être, la souffrance, les cauchemars sont toujours là.

Je me sens comme une maison dont les fondations seraient trop fragiles ou mauvaises et qui risquerait à tout moment de s’écrouler. 

J’ai fait de mon mieux pour avancer. J’ai 38 ans aujourd’hui. Je m’en sors relativement bien. 

Mais c’est comme, si petit à petit, je me rendais compte que je ne pourrais jamais accepter, ou oublier. Mais que je vivrai toujours avec les traces de cette humiliation et de la passivité de mes parents. Tout ça m’oblige à prendre sur moi, constamment. Et j’en suis fatiguée !

J’ai avec mes parents des rapports presque normaux. Je ne les vois pas souvent, car je vis maintenant à l’étranger. Nous évoquons parfois les faits. Mais toujours rapidement. Et toujours en évitant de revenir sur leur réaction (ou non-réaction, en fait).

C’est dur.

Anonyme

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