J’espère n’avoir oublié personne…

Je suis la descendante de 2 familles dans lesquelles les parents et apparentés estiment que les enfants sont des objets dont ils peuvent faire ce qu’ils veulent, notamment en retirer du plaisir malsain.

Mes cousins et cousines ont eu plus de chance que moi car la sœur et le frère de mon père se sont, chacun, unis à une personne descendant d’une lignée plus saine qu’eux et qui ont pu, à leur manière, amener des comportements et manières d’être moins destructeurs et plus respectueux de l’être, auprès de leurs propres enfants et de tout un chacun.

Je pense que ce fut là ma chance puisque j’ai, moi aussi, pu profiter d’un oncle et d’une tante plus sains que les autres et qui m’ont aidée, malgré tout, à donner une direction vers la lumière à ma pousse ultra fragilisée.

Je tombe des nues devant la prise de conscience de tant d’horreurs vécues dans mon enfance, je me sens désabusée d’avoir été autant abusée, triste, au fond, lourde, dépassée par mon passé, fragile, vulnérable (mais en même temps forte de cette prise de conscience, Dieu sait pourquoi…?).

La nuit était le paradis de la dérive, où pleurer ne servait pas à grand chose puisque, de tous côtés, j’étais enfermée dans un « train fantôme » qui n en finissait pas de passer et de repasser d’un monstre à l’autre, à chaque fois autrement terrifiant. A la maison, en week-ends, en vacances chez les uns et les autres, j’y passais « de bras en bras et de jambes en jambes » (toujours séparément par contre…). C’est une image pour expliquer mon désarroi actuel et le retour des souvenirs traumatiques.

Dans ce méli-mélo de viols et d’abus, mon père, ma mère, mes deux grands-pères, la mère de ma mère et le frère de mon père sont concernés. Ça fait beaucoup pour une seule petite fille : j espère n’avoir oublié personne…!!

Tous ces souvenirs transgénérationnels et intergénérationnels ont au moins « le mérite » de m’expliquer, en bonne partie, le pourquoi du comment.

La plupart de mes retours d’école, lorsque ma mère était allée « faire son tour en forêt », était une partie de sadisme psycho-sexuel durant laquelle mon père, dissocié, riait de mes pleurs et supplications d’arrêter et se moquait de mes colères… … et il fallait, toujours, « faire vite » avant que ma mère ne rentre.

Les photos de mon enfance montrent une petite fille souvent triste, au regard désabusé, lasse… … Moi qui avais le souvenir d’avoir été, malgré tout, plus joyeuse que cela… … Le goût en est amer…

J’avais entre 3 ans et demi et 11 ans et demi.

… J’avance et il me semble progressivement approcher de la fin du tunnel…

… Mais cette prise de conscience, 5 ans après les souvenirs, et indispensable paraît-il lors de cette étape d’assimilation-intégration de tous ces traumatismes, est lourde et me pèse…

… Après l’expulsion, ces dernières semaines dans des coussins, de tant de haines, de rages et de fureurs enfouies au plus profond de moi, qui faisaient de moi une véritable bombe nucléaire à retardement de la Colère (je ne le savais pas mais me sentais, parfois, capable d’Exploser un jour…), j’éprouve le sentiment de ne plus pouvoir, Jamais, m’arrêter de pleurer, que même toutes les larmes de mon corps n’y suffirait pas…

…Raison pour laquelle j’ai ressenti le besoin de faire une pause en déposant mon panier un moment sur cette page…

Merci pour votre écoute et vos éventuels retours…

Et Merci à Anne Lucie d’avoir créer ce blog.

… Sylvie

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