Aujourd’hui un grand pas est franchi.

J’ai parlé…

J’ai révélé ce lourd secret que je gardais depuis 17 ans.

Après avoir été victime d’un pédocriminel à l’âge de 10 ans, avoir passé des années sous son emprise, puis des années d’amnésie traumatique, je suis sortie de cette amnésie à son décès en décembre 2017 !

J’ai fait un énorme travail en thérapie, sur moi, sur ce traumatisme, sur ses conséquences… J’ai lu beaucoup de choses et j’ai compris que je n’étais ni folle ni une fille à problème.

Puis je suis tombée sur la bande annonce du film Les chatouilles, je suis allée à l’avant première, j’ai beaucoup échangé avec Andréa Bescond…

Je suis ressortie de ce film pleine d’espoir, de vitalité, de force et surtout avec l’envie d’avancer !

Tout en continuant ma thérapie, je sentais de plus en plus la nécessité de parler !

Je n’en pouvais plus de jouer la comédie face à ma famille, mes amis …

Avec le soutien d’Andréa Bescond, de ma psy et de mon mec, je me suis lancée tout d’abord à en parler à ma grande sœur. Elle a été d’une écoute incroyable, me demandant pardon, m’encourageant à en parler… me soutenant quoiqu’il se passe !

Par la suite, j’en ai parlé à ma mère, puis à une cousine, puis ça a commencé à faire le tour de notre famille. Mes amis les plus proches sont également maintenant au courant et me donnent, par leur soutien, leur présence, encore plus envie de me battre pour être heureuse !

De fil en aiguille, nous avons découvert dans notre famille que nous étions 4 victimes.

Je suis la première… Au début, j’ai beaucoup culpabilisé de ne pas en avoir parlé avant, mais elles ne m’en ont jamais voulu. Aujourd’hui, on se serre les coudes sur le chemin de la reconstruction !

Une chose est certaine : briser le silence m’a rendue si légère !

J’ai lâché une bombe au sein de ma famille, chacun réagit à sa façon, car leur souffrance, leur colère après cet agresseur est légitime !

Alors, quand on parle on est considéré comme la personne qui remue la merde mais garder ça au fond de soi nous tue à petit feu !

Alors oui, ça fout la zizanie, oui ! Il y a des histoires, des dommages collatéraux, des personnes qui ne veulent pas comprendre…

Mais aujourd’hui j’ai pensé enfin à moi avant les autres ! Et en parlant, j’ai aidé à libérer la parole d’autres victimes !

Maintenant, il me reste une chose importante à faire, pour boucler la boucle, pour aller au bout de ma guérison : porter plainte post mortem !

Cette idée divise les gens autour de moi mais j’en ai besoin pour mettre un point final car la mort est trop simple, trop douce par rapport à ce que j’ai vécu et ce qu’ont vécu les autres victimes, alors j’irai jusqu’au bout !

Une phrase d’Andréa Bescond dans le magazine ELLE, conclura mon texte : »Être résiliente n’est pas un statut. Tous les jours, on bosse pour aller mieux et être plus équilibré. On a des séquelles à vie. »

Mylène

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