Inceste, viol, attouchements, je l’ai toujours su depuis mon plus jeune âge, malgré tout je ne réalise pas, c’est à la petite Moi que c’est arrivé, pas à moi.

J’en parle avec si peu d’émotion et avec le sourire, comme si je racontais un banal bleu au genou que je me serais fait en tombant à vélo.

J’ai l’impression d’être une usurpatrice en racontant mon histoire, je culpabilise. Je me dis que je n’ai pas besoin de consulter un psy, que je n’ai pas à me plaindre, que je m’invente des problèmes, pourtant les conséquences des traumatismes sont bien présentes dans ma vie actuelle.

Mon psychiatre me dit que je suis dans le déni et la dissociation, que ces mécanismes consument mon énergie.

Il faudrait que j’arrive à me reconnaître comme victime, mais comment ?

Priscilla

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