Beaucoup de personnes ayant vécu un traumatisme passent par l’écrit pour se réparer. Même si écrire est dans mon ADN car, en tant que communicante, j’écris beaucoup pour raconter l’histoire de mes clients, créer des contenus en lien avec leur activité, ou encore simplement pour inventer des histoires parce que ça me « détend »… j’ai pourtant toujours su que mon chemin de réparation ne passerait pas (que) par là…
J’ai lu beaucoup de livres de victimes d’inceste, ou de violences sexuelles, et même si chaque auteur a un style qui lui est propre et une histoire différente, à chaque fois je ressentais que je n’avais rien à ajouter au récit que je venais de lire. Les ressentis exprimés me « ressemblent »… Les victimes de crimes similaires ressentent des choses similaires. Et, comme d’autres l’ont déjà fait avec talent avant moi, et le feront encore, écrire un livre qui raconterait mon histoire serait une action utile à une seule personne : moi.
Depuis toujours, j’essaye de faire de mes actions quelque chose qui encourage aussi les autres, car il est important pour moi de dépasser mon « petit » ego, de partager…
L’envie était de créer un « outil » complémentaire…

C’est sans doute parce que l’autre m’importe (et peut-être parce que longtemps je me suis « oubliée ») que j’ai majoritairement mis mon activité professionnelle au service de la mise en valeur d’autrui :
Directrice de production pour soutenir les films des autres, Directrice Artistique pour révéler les talents des autres, Coach pour soutenir les autres à mettre en valeur leur projet, Communicante pour contribuer à ce que les autres soient mieux vus…
C’est pour cela aussi que le spectacle d’Andréa Bescond, au-delà de l’histoire dans laquelle je me reconnais, m’a si profondément touchée… Jouer son spectacle fait partie de son chemin de réparation. Elle a fait de son histoire une œuvre artistique pleine et entière, une œuvre vivante… et plus encore, elle en a fait quelque chose d’utile aux autres.
L’envie de créer le blog de La Génération qui parle est née de l’envie/besoin d’avoir un endroit où poser mes maux/mots, évidemment, mais également que cet endroit puisse accueillir les maux/mots des autres et partager des solutions, partager des victoires et donner l’espoir, car je suis convaincue que si l’on ne fait pas quelque chose de positif de ce vécu si violent, nous l’aurons vécu en vain…

Le film documentaire fait partie de mon paysage personnel et professionnel depuis longtemps. Ma mère est réalisatrice de documentaires, j’ai été directrice de production de films documentaires, j’ai coaché des réalisateurs et des producteurs pour les soutenir dans la préparation du pitch de leur projet documentaire… Il est, pour moi, presque naturel de penser le film documentaire comme mode d’expression, et, dans le cas présent, comme moyen d’éveiller l’espoir et le courage.
Parmi les outils de transmission à ma disposition pour partager le travail artistique et militant d’Andréa, utile à la lutte contre la pédo-criminalité, le film documentaire est, sans aucun doute, celui qui me semble intuitif, efficace et accessible.

Parce que mon expérience professionnelle a toujours été, depuis 20 ans, en lien avec le « milieu » audiovisuel, le Cinéma, et parce que je serai entourée des bonnes personnes, je suis certaine de faire de Odette et moi un film qui sera à la fois sensible, artistique, utile, touchant, poétique, drôle, poignant… comme la vie !
Un film qui contribuera à la « libération de la parole » parce qu’il sera le relais de l’action d’une femme artiste qui lutte au quotidien pour briser le silence, et qui, de fait, soutiendra les actions des gens de terrain qui agissent pour que les choses changent. Un film qui va bousculer le déni si ancré dans notre société face au fléau de la pédophilie. Un film qui pose la question de l’imprescriptibilité. Enfin, un film qui donnera de l’espoir aux victimes quant à leur capacité à se reconstruire dans la joie et la créativité, à oser exprimer leur humanité !

Plus nous sommes nombreux et nombreuses à faire : écrire, filmer, créer des spectacles, monter des groupes de paroles, créer des associations… plus nous créons la chance, pour une personne qui aurait aussi ce vécu là, de croiser l’espoir, d’être encourager,  de capter les bonnes informations… et ainsi d’être soutenue sur son chemin de réparation !

J’espère avec cette présentation du projet, sur KissKissBankBank, vous donnera envie de me faire confiance et de relever le défi avec moi !
Merci pour vos partages ! 😀

Pour suivre l’aventure « Odette et moi » sur Facebook 😉

Anne Lucie

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