Dire « merde », dire « va te faire foutre », dire « non », dire que ça ne me convient pas, dire que ce n’est pas normal, dire « stop », dire que je suis en colère, que j’ai la rage, que j’ai la haine, dire que j’ai le droit à mon espace, crier, rentrer dans le lard quand on me marche sur les pieds…
Tout ça, c’était interdit, c’était mon éducation. Mon seul droit était le silence… Ce qui a conduit aux agressions sexuelles.
Tout était permis sur l’enfant que j’étais, puisque je n’avais pas le droit à mes limites, à la révolte.

Aujourd’hui, c’est mon mode de vie, je m’écrase car ces injonctions refont surface à chaque fois que je ressens de la colère, que mon espace est envahi, que je ressens une infraction à mon intégrité.

Aujourd’hui, j’apprends à transgresser ces interdits qui sont pourtant des droits. J’apprends à écouter mes légitimes colère, rage, haine, et à les dire, j’apprends à rentrer dans le lard quand on me marche sur les pieds, j’apprends à dire « merde », « va te faire foutre », « non », dire que ça ne me convient pas, dire que ce n’est pas normal, « stop », que j’ai le droit à mon espace, à crier.

Aujourd’hui, j’apprends, je m’autorise et m’engage à être intègre et à envoyer valser l’éducation que j’ai reçue pour que l’enfant meurtrie que j’ai été se sente en sécurité.

Pour toi, ma petite Leticia.

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