Je m’appelle Virginie. J’ai bientôt 42 ans.
J’ai malheureusement été violée par un beau-père de l’âge de 5 ans à 12 ans…

Dans mon cas, j’ai parlé à l’âge de 15 ans et rien n’a été reconnu, j’ai été jetée en foyer par mesure de sécurité. Mais pour le reste, la justice n’a pas fait son travail… Le violeur lui a pu continuer sa vie tranquillement… et moi je me suis enterrée dans une vie de déni, de perte de confiance et de traumatismes multiples. Mon dossier, je n’ai jamais su ce qu’il est devenu…

Je me souviens de cette fameuse nuit de février 1990 à la gendarmerie où un gros monsieur moustachu m’a demandé « Est-ce que vous vous masturbez en pensant à votre beau-père ?  » ….
C’est là que j’ai tout de suite compris que tout ça n’allait servir à rien…

J’espère que la justice a bien plus avancé de nos jours et que ce délai de prescription sera un jour voté… et qu’au-delà des lois, les comportements de ceux qui reçoivent les victimes ont changé…

En effet, on parle beaucoup de rallonger le délai de prescription, mais que se passera t-il 30 ans après ? Quand les « enfants » se réveilleront de leur mutisme parfois avec aucune preuve et aucun témoin. Savons-nous comment les dossiers seront traités par le parquet ?

Le combat ne sera pas terminé : Comment va-t-on réparer les mémoires traumatiques si dévastatrices dont souffrent les enfants devenus adultes.

Pour ma part, je découvre et pose des mots depuis quelques mois seulement. Je sais enfin que les comportements et souffrances dont je suis prisonnière s’appellent des « mémoires traumatiques  » et non de la bipolarité.

Qui devrait prendre en charge les soins possibles pour toutes ces victimes ?
Car oui, ils existent, les soins, et je suis enfin soulagée d’avoir trouvé la méthode qui me libère chaque semaine de ma prison mentale… ce miracle s’appelle l’EMDR.

Merci pour ce blog, vous donnez l’envie de s’exprimer et de faire exploser ce tabou dont personne ne veut entendre parler…

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