Plus je lis votre blog et plus j’ai envie de parler…

Plus je lis votre blog, plus je me dis que mon histoire est bénigne face à toutes les horreurs qu’ont subies nos « sœurs » (et nos «frères»), pourtant, le jour où je l’ai dit à mon mari, j’ai senti un énorme soulagement et lui beaucoup de peine, et de colère envers son « beau-frère » avec qui nous avions rompu les ponts pour d’autres raisons…

J’avais 16 ans, et j’avais un grand frère de 2 ans de plus. Avant, je voulais toujours qu’il m’emmène avec lui, je tombais souvent amoureuse de ses copains, enfin, je pense que j’étais une ado plutôt normale… Un jour, un dimanche, nous étions chez un ami à lui, ça fumait des pétards dans tous les coins, alcool, musique, milieu plutôt baba cool, j’adorais ces fêtes-là… Mais ce dimanche-là, à un moment donné, je ne sais plus trop comment, je me suis retrouvée dans la salle de bain et il est entré juste derrière moi, il m’a serrée dans ses bras puis il a procédé à des attouchements, il m’a pénétrée avec sa main en me disant que je ne devais faire ça qu’avec quelqu’un que j’aimais… Je me suis enfuie, je ne me rappelle plus comment, c’est un trou noir.

Il y a 3 ans j’ai retrouvé un ami de cette époque. Après avoir échangé des souvenirs agréables de jeunesse, il m’a demandé tout gêné : « j’ai quelque chose à te demander, un jour, un dimanche soir, je t’ai trouvée seule, en train de boire du whisky dans un bar, tu t’es effondrée et tu m’as dit que ton frère t’avait fait du mal, est-ce que tu te souviens de ce soir-là ? » Je ne m’en souvenais plus, mais ce qui est certain, c’est que c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à vraiment boire beaucoup, seule, et à me défoncer un maximum… Tout est parti à volo, je ne pensais qu’à faire la fête et à me défoncer, plus rien n’avait d’importance et je ne savais pas pourquoi, je ne me posais même pas la question, j’avais « rangé » cet évènement dans un coin de ma tête, avec les autres, plus anciennes, les maltraitances psychologiques de ma mère et autres méchancetés de la part de ce grand frère….

Bref, je sais aujourd’hui que je ne dirai pas cela à ma « famille » car je ne veux pas que ma nièce (sa fille) le sache… En même temps, je redoute le fait qu’il ait fait des choses à sa fille, j’ai l’impression que je le sens, je ne sais pas trop quoi faire avec tout ça. Le fait de vous le raconter me fait du bien, certes, quelques personnes sont au courant, très peu.

Je suis auteure, j’ai un texte, en particulier, qui en parle, mais comme je veux rester anonyme, je ne le publierai pas ; en fait, c’est comme si j’avais une grosse poubelle qui pue, mais je ne peux pas la jeter, alors je la garde, c’est la mienne, je me suis habituée à l’odeur….

J’ai un projet de livre, qui est pratiquement fini, un chapelet de textes courts qui racontent, tout en allégorie, je le publierai un jour, pour mettre en lumière toutes ces poubelles que l’on garde, parfois toutes petites, mais qui, mises toutes ensembles sont une vaste décharge, et dénoncer la gravité de la manipulation affective et les dégâts qui en découlent.

Merci à vous…

C.

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