J’ai 43 ans. Il m’aura fallu tant de travail personnel et tant de temps pour que j’ose parler de ce que j’ai vécu.

De l’âge de 6 ans à 11 ans, j’ai subi des attouchements et le viol d’un cousin de plus de 10 que moi.

Cela se passait toujours de la même manière.
Ma mémé préparait le dîner dans la cuisine.
Le coin télé était dans une petite pièce , une extension de la salle à manger.
Je regardais la télévision avec mon petit frère et mon grand cousin.
Mon grand cousin ouvrait son pantalon, me prenait la main et me faisait toucher son sexe.
Je ne disais rien. J’avais peur. Je ne sais pas. Je savais juste qu’il fallait se taire. Mon petit frère regardait l’écran de télévision et mémé préparait le dîner.

Un jour, un matin, mémé est partie faire le marché.
J’avais 9 ans.
Elle nous a laissés mon petit frère et moi, seuls, avec le grand cousin.
Le grand Cousin a dit qu’on allait faire un jeu.
Il nous a emmenés dans la salle de bain.
Il a mis mon petit frère dans la baignoire, sans eau, tout habillé avec une serviette sur la tête, puis moi il a retiré le bas de mes vêtements, ma culotte, tout, il m’as mise à 4 pattes et il a enfoncé son sexe dans mes fesses.
Mon petit frère avait comme consigne de ne pas retirer la serviette de son visage.
J’ai dit « ça fait mal »
Le grand cousin a dit : « attends ».
J’ai attendu je ne sais pas combien de temps.

Est-ce que mémé est rentrée ? Est-ce que mon petit frère a vu ? Est-ce qu’il a fait la même chose à mon petit frère ? Quand est-ce que ça s’est arrêté ?
Je ne sais pas, je ne sais plus.
Jusqu’à l’âge de 11 ans. LE trou noir.

Puis à 11 ans, ma mère me dit que mon père n’est pas mon père, que je porte un nom différent de celui que je connais, que je ne verrai plus mon Papa qui m’a élevé, ni lui, ni sa famille. Je n’ai plus vu le cousin qui me violait.
Ce grand cousin a violé aussi sa soeur, qui en a parlé à ses parents, qui ne l’ont pas crue. Elle est morte depuis, c’est par sa demi-soeur que je sais cela.

J’ai 43 ans. J’ai toujours peur. C’est seulement depuis un an que je n’ai plus honte de ce que j’ai subit. Il m’a fallu 20 ans de travail personnel, de psy, d’étiopathe, d’hypnothérapeute, de mémoire cellulaire pour que je ressente dans mon corps la force de parler. Mais j’ai toujours peur, peur de lui, de ce grand cousin.

Il y a prescription.

Je sais que ce grand cousin a deux filles.

Si la prescription saute, je souhaite porter plainte.

Mon Papa qui m’a élevée, que j’ai retrouvé depuis, me soutient dans ma démarche.

Vanessa Feschotte A.

 

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