Le 2 avril 2025, sort un film au cinéma qu’il faut absolument aller voir !!
Premier film d’une réalisatrice talentueuse, Hélène Merlin, « Cassandre » fait partie des films qui vont compter ! En tout cas c’est vraiment ce que je lui souhaite !!
Pour commencer ce billet, je vous invite d’abord à visionner la bande annonce !
Vous l’avez bien regardée ?
Personnellement, dès que j’ai vu cette bande-annonce, j’ai été scotchée ! Scotchée par ce que j’y voyais transparaître en seulement quelques images ! C’est la vérité, la réalité, d’une famille à minima incestuelle, que j’ai reconnue au travers de ces 2 petites minutes.
Cette phrase de la mère qui dit qu’il ne faut pas garder de culotte (la nuit) car il faut que « ça respire »… je l’ai entendu toute mon enfance par mon père (incestueux). La nudité « imposée » comme une normalité, la salle de bain dont on ne ferme jamais les portes… Le manque d’intimité… Le père qui « domine » sa tribu…

Dans la bande-annonce, tout cela est posé avec justesse. Et, c’était tellement juste que je me suis dit que regarder le film serait peut-être un peu compliqué pour moi. Et en même temps, seulement deux minutes vues et déjà cette sensation que la réalisatrice de ce film a su en faire une histoire universelle. Juste deux minutes vues et la sensation qu’elle montre à voir la réalité sans la rendre spectaculaire ou choquante pour autant.
Alors, un soir, seule dans mon salon, je me suis installée et j’ai cliqué sur le lien qu’Hélène Merlin m’a fait parvenir pour que je puisse voir son film.

Je ne vais pas divulgâcher… comment vous le dire simplement : Tout y est !!
Oui tout y est, car avec son film, Hélène donne à percevoir que l’environnement, le comportement des parents, leur propre histoire, leur éducation… met en place, de façon inconsciente (ou pas), les conditions pour que cela se produise. Et que, lorsque que cela s’est produit, ils/elles n’ont pas les clés, ou l’envie, pour décider de casser le schéma, et, minimisent les conséquences d’une telle situation.
Ce qui m’a touché dans ce film, c’est comment il montre que ces 2 enfants, devenus ados, frère et sœur, sont victimes de ce schéma, de l’emprise, de cet héritage transmis par leur parents, qui rend inévitable le passage à l’acte du frère.
Inspiré de faits réels, ce film est universel. Ce n’est pas mon histoire et pourtant, Il y a tellement de moments où j’ai reconnu des situations, des ressentis, de ma propre vie. Jusqu’à la façon dont les parents embrassent leurs enfants… c’est fou !
C’est fou cette similitude, cette universalité… et comment la (re)voir, via le biais d’une histoire qui n’est pas la nôtre, participe à nous dire que ce qui nous est arrivé n’est définitivement pas de notre responsabilité, de notre « faute ». Peut-être qu’à cet endroit-là du schéma familial, quelque soit l’enfant, les enfants, l’histoire aurait été la même.

C’est dans les petits détails anodins qu’Hélène nous montre comme le climat inscestuel se glisse, s’immisce, jusqu’à provoquer la bascule vers l’incestueux. Le mot qui m’est venu à l’esprit quand je réfléchissais à l’écriture de ce billet, c’est le mot : Subtil.
Car oui, c’est avec une grande subtilité qu’Hélène Merlin nous offre un film essentiel qui va, non seulement contribuer à faire du bien à beaucoup de personnes qui ont connu de près ou de loin ce genre de situation, et aussi, je l’espère, permettre à d’autres d’identifier, au sein de leur entourage familial, des situations problématiques. Et pourquoi pas, donner quelques indications aux parents du futur de ce qu’il ne faut surtout pas faire !! Avec « Cassandre », Hélène encourage la société à prendre une responsabilité collective, à regarder en face comment ça arrive et donc comment on pourrait éviter le pire.
Les parents de Cassandre sont de la même génération que les miens, mai 68, Hara Kiri, etc… Comme l’avait si bien expliqué Camille Kouchner dans « La familia Grande », Hélène raconte cette génération de parents qui n’ont pas forcément su « protéger » leurs enfants de leur propre sexualité, s’immisçant quotidiennement dans celle de leur progéniture via de petites remarques, en apparence anodines.
« Cassandre » propose aux spectateur.ice.s d’aller au-delà du diagnostic d’une situation incestueuse, avec les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Le film d’Hélène Merlin montre une des façons dont l’inceste peut être commis, comment une certaine promiscuité peut troubler si l’on ne pose pas clairement les limites des corps physiques et le respect de l’intimité, si l’on vit avec des parents qui n’ont pas pansé les blessures, apaisé les douleurs, de leur propre enfance…
Et ce qu’il y a de fort, c’est que malgré le fait qu’Hélène s’attaque au sujet encore tabou de l’inceste, « Cassandre » est parsemé de bulles poétiques, d’amitié, d’évasion équestre, d’horizons nouveaux, de sororité et d’espoir.

Hélène Merlin a su filmer cette histoire avec pudeur et talent. Les comédien.ne.s qui incarnent les personnages, le font admirablement bien. Avec ce film, la réalisatrice offre des rôles que l’on ne croise pas souvent dans une carrière d’acteur.ice.s, et elles/ils le lui rendent avec une grande générosité.
Vous l’avez compris je vous encourage vivement à noter dans votre agenda d’aller au cinéma le 2 avril pour voir « Cassandre » car ce film est très réussi, parce que l’avenir d’un film se joue dans les premiers jours de son exploitation et que celui-ci mérite vraiment d’aller loin !
Et je vais vous le confier : je suis JOIE ! Si tout se passe comme prévu, je vais avoir la possibilité d’interviewer Hélène Merlin dans les prochains jours. Un moment que je ne manquerai pas de venir partager ici avec vous !!
Vive le cinéma ! Bravo Hélène !
ICI, le dossier de presse avec les entretiens avec la réalisatrice et les comédien.ne.s.
Bravo et merci pour votre billet, très très juste !
(Je viens de voir le film hier !)
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