J’écris pour ma maman qui a vécu des années de dépression et de crises de spasmophilie, et qui a libéré sa parole il y a tout juste 15 ans…

Elle avait 60 ans.

C’était le jour de l’enterrement de sa mère. Un membre de la famille s’est étonné de l’absence de son demi-frère, que j’appelais « tonton René » et, à ce moment-là, maman se libère enfin auprès de sa sœur et dit l’indicible : « …violée dès l’âge de 8 ans par ce demi-frère. »

Et sa sœur lui confie qu’elle aussi, depuis l’âge de 6 ans… René avait 18 ans.

Maman avait alerté sa mère qui ne l’a jamais prise au sérieux. Elle n’a jamais osé en parler à son père, militaire, qui était rarement à la maison…

Tentative de suicide à 15 ans, mariée sans amour pour fuir, et, enfin, les bonheurs de sa vie : la naissance de ses 3 enfants.

Mais ses démons la rattrapent, et se traduisent pas des dépressions successives, des crises d’angoisse terribles.

Quelques jours après l’enterrement de ma grand-mère, maman m’a tout raconté, et je lui ai dit :
« Maman, c’était ça alors… Inconsciemment, tu m’as transmis une haine, un dégoût, une méfiance, et je ne savais pas d’où cela venait... »

Aujourd’hui, elle va mieux, elle a écrit son histoire et se sent apaisée… je crois.
C’est pour elle que je témoigne et pour sa sœur, qui après avoir aussi libéré la parole, répond aujourd’hui, quand maman veut en discuter avec elle, que finalement ce n’est pas si grave d’en parler…

Pascale

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