De mes 8 ans (peut être avant) jusqu’à mes 24 ans, j’ai été maltraitée par mes parents : coups, insultes, moqueries, menaces de mort avec un couteau sur mon cou, escroqueries, tentative de meurtre par ma mère !
A 24 ans et demi, je porte plainte pour maltraitance : classée sans suite malgré que j’ai été séquestrée et rouée de coups pendant l’enquête !
J’ai coupé les ponts pendant 10 ans, où je vais être harcelée et menacée de mort !
Mon père avait l’habitude de nous garder quand ma mère était absente.
Je venais d’avoir, depuis peu, 10 ans. Un jour mon père a commis l’irréparable, l’insoutenable. Il m’a demandé de lui caresser le sexe avec ma main et de le mettre dans ma bouche, mais je ne voulais pas. Ça c’est passé dans la salle de bain. Après ça, j’ai repris ma douche, je me sentais tellement sale que je me suis relavée jusqu’à ce que je saigne. Ensuite je me suis mise en pyjama et je me suis couchée !
Un peu plus de 6 mois plus tard, pendant les grandes vacances à Pornic, séquestrée dans le camping car pour une bêtise, je suis punie !
Un soir d’été où il faisait chaud, un silence assourdissant. Mon père est venu et m’a violée.
Je n’ai jamais porté plainte contre lui ! J’en ai jamais parlé, j’ai gardé cela pendant très longtemps dans un coin de ma tête. Je pensais oublier !
Il y a 5 ans, je suis devenue tata d’une petite fille (je suis tata de 2 petites filles de 5 et 2 ans, et un neveu de 7 mois), et un jour tous ces souvenirs me sont revenus en pleine face ! Des souvenirs, des flashs, parfois pour certains flous, des fois c’est mon corps qui s’en rappelle, mais ma conscience, non !
Je n’en ai pas parlé tout de suite. Grâce au soutien et à l’écoute d’Andréa Bescond, j’ai réussi à le raconter un peu à ma psychologue libérale (qui me suit depuis 1 an).
Depuis 2015, je suis suivie en psychiatrie au CMP (Centre Médico-Psychologique). J’ai été hospitalisée plusieurs fois pour tentative de suicide. La reconstruction est longue !
Je n’ai pas encore réussi à tout raconter complètement ce que mon père m’a fait.
Aujourd’hui, je lutte pour rester en vie. C’est de la survie totale. Mes journées se résument à des crises d’angoisse, parfois des crises suicidaires. J’ai peur de beaucoup de choses !
Je me déteste, je n’ai pas confiance en moi.
Aujourd’hui, je suis toujours en contact avec mes bourreaux lors des événements familiaux comme les anniversaires, mariages , Noël… et à chaque fois, je suis terrorisée !
Et quand je vois la force de certaines victimes comme Andréa, Arnaud Gallais, etc… qui ont réussi à s’en sortir et à témoigner à visage découvert, j’ai l’impression, moi, à côté, de couler, de ramer ! Merci à eux pour ce combat qu’ils mènent sans relâche, pour toutes celles et ceux qui ne peuvent pas !
Bravo et merci à vous pour ce blog.
Par peur de représailles, cette personne souhaite rester anonyme.
Je ne sais pas si tu verras ce message, je te souhaite beaucoup de courage, d’amour, de force. Ne te compare pas, réussir à écrire ce qui t’arrive, entreprendre un suivi c’est tellement énorme tu peux être fière de toi.
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Votre témoignage est bouleversant. Je vous souhaite de vous reconstruire, d’aller mieux, d’être en paix . Vous êtes une belle âme n’en douter pas, vous êtes vivante et tous les jours vous devez vous convaincre que votre place est ici . Votre vie est importante vous êtes importante ❤️
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Bravo pour ton témoignage si émouvant. Tu ne rames pas, tu fais ce que tu peux avec ce qu’on t’a fait. Si je peux t’insuffler un peu d’espoir. Il y a 3 ans, j’étais terrée chez moi sans pouvoir passer la porte d’entrée, bouffée par les crises d’angoisse et la peur de tout. Aujourd’hui, je vais mieux, je ne survis plus mais je recommence à vivre un peu. Avec des gens compétents et une thérapie de longue durée, on peut s’en sortir. Garde espoir. Tu as déjà réussi à parler ici, tu imagines déjà la réussite ? Et tu avanceras petit à petit. Je t’envoie tout mon courage pour la suite.
Pascale
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