A midi, ce 24 avril 2025, il est sorti ! 
Le nouveau titre de la chanteuse Suzane est en ligne.
A midi, aussi, le clip de ce nouveau single, réalisé par Andréa Bescond, est sorti ! 

Sur ce blog, on le sait, des liens particuliers m’unissent à Andréa Bescond.
La veille au soir de la sortie, j’ai reçu un lien confidentiel de la part d’Andréa, pour regarder le clip en avant-première.
J’ai regardé, et j’ai eu les poils !
C’est vraiment ce que je lui ai écrit : « J’ai les poils !! Très beau ! Très émouvant ! »

C’était très émouvant aussi parce qu’Andréa m’avait invitée à participer au tournage, et que cela n’a finalement pas été possible pour moi d’aller à Paris ce jour-là. Et forcément, je l’ai pensé, je l’ai écrit à Andréa aussi : « J’aurais été fière d’avoir mon visage parmi ces personnes courageuses. »

Ma vie a fait que cela n’a pas été possible, c’est ainsi. Je comprendrai peut-être un jour pourquoi ce n’était pas le bon moment pour moi d’être visible aux côtés de ces femmes et de ces hommes engagé·e·s.
Pour certain·e·s, on se connaît, notre histoire commune nous a connecté·e·s les un·e·s aux autres, via les réseaux ou en live.
Quasiment tous les visages, je les ai reconnus, car ils agissent, militent, essayent de donner du sens à cette histoire « commune » que nous partageons, cette « histoire » que tant de femmes et d’hommes ont subie… et qui se battent pour obtenir justice, pour que la justice protège réellement les victimes de violences sexuelles, intrafamiliales et conjugales.

C’est à cette Justice que s’adresse Suzane : « T’étais où ? »

En regardant leurs visages, si intensément filmés par Andréa, de près, de très près, de plus loin, toujours droit dans les yeux.
La caméra qui danse. Les corps qui dansent.
IntenseS.
Oui, comme Andréa sait le faire, elle a créé l’intensité pour accompagner, au plus juste, les paroles puissantes de Suzane, dont le flow percute en plein cœur.

Dans ce clip, personne ne feint l’émotion. Les émotions se succèdent… jusqu’à l’espoir.
Moi, je l’ai ressenti, cet espoir. J’ai vu dans les yeux de toutes ces personnes qu’il était possible de garder espoir, même si la Justice n’en a rien à faire, Elle.
Et je crois que l’espoir que j’ai ressenti en regardant ce clip vient aussi du fait qu’il incarne parfaitement comment les personnes qui ont été victimes de violences sont capables d’en faire du beau, de faire ensemble, de se retrouver pour s’encourager, trouver la force de continuer, malgré…

C’est en tout cas ce que Suzane et Andréa ont concrètement fait, ensemble : réunir ces belles personnes, qui ne lâchent rien !

En écoutant attentivement les paroles de Suzane, je me suis dit qu’il y avait, dans son « Je t’accuse », un peu de l’ADN du « J’accuse » de Zola, qui a pris la plume, en 1898, parce que la Justice refusait d’innocenter Dreyfus.
Zola a pris la plume pour dénoncer l’injustice du système judiciaire… pour dénoncer la position du gouvernement…

En 2025, « Je t’accuse » de Suzane s’adresse également à la Justice, au nom de toutes celles — les victimes — qui prennent double peine, parce que le système judiciaire classe trop facilement sans suite… parce qu’il rend si peu souvent justice : « Pourquoi t’es jamais là quand on ne croit plus qu’en toi ? »

Suzane interroge : « Justice, est-ce qu’on doit te faire nous-mêmes ? »
En voilà une bonne question !
En attendant d’y répondre…
L’art, lui, invite, permet l’expression du vécu, dénonce l’injustice du système, accompagne le chemin de réparation (et ce n’est pas l’art-thérapeute que je suis qui va dire le contraire !).
Ici, l’art — avec la complicité des talents conjugués de Suzane et d’Andréa Bescond — offre une œuvre qui va, je l’espère, contribuer à faire entendre à notre société la nécessité du changement à opérer.
À défaut, c’est certain : ce clip fera du bien à beaucoup de personnes. Car la vérité, c’est que nous sommes bien des millions que la Justice n’a pas entendus.

Heureusement qu’à défaut de se rendre justice soi-même, on opte pour l’artivisme, plutôt que la vengeance, n’est-ce pas ?

Merci infiniment à Suzane pour cette chanson !
Merci à Andréa Bescond pour la réalisation de ce clip !
Merci aux beautés à l’écran qui brillent d’humanité !

Je sens bien que déjà cette chanson, sa musique, ses paroles, son mouvement, infusent en moi depuis que je l’ai découverte. J’ai hâte d’accueillir ce qu’elle va me permettre de comprendre, j’ai hâte de ressentir là où elle aura mis un peu de baume dans ma vie…

Anne Lucie

Ci-dessous, enjoy le clip et les paroles de « Je t’accuse » de Suzane

D’abord y a eu Gisèle et puis y a eu Sophie
Isa, Khadija et Marie
Et ma copine Claire et puis y a moi aussi
Et puis toutes celles qui n’ont jamais rien dit

Mais t’en a rien à faire, Toi.
Ce sera qu’un nom de plus sur la liste dans un fait divers, dans un tiroir
Des tonnes de vies classées sans suite
Mais tu vas rien faire, Toi
Et c’est bien ça le problème
Justice, est-ce qu’on doit
Te faire nous-même ?

Car je t’accuse
De fermer les yeux alors que t’as tout vu
Je t’accuse
Fais pas l’innocente, t’as rien fait quand t’as su
Je t’accuse
Main droite levée
Je t’accuse
Et j’assume

T’étais où ?
Sûrement qu’ t’existe pas
Pourquoi t’es jamais là quand on ne croit plus qu’en toi ?
Demande à tous les gosses que tu ne protèges pas
Tous les monstres ne sont pas que dans les salles de cinéma

Mais t’en a rien à faire, Toi.
ce sera qu’un nom de plus sur la liste dans un fait divers, dans un tiroir
Des tonnes de vies classées sans suite
Mais tu vas rien faire, Toi
Ou faudrait qu’on t’harcèle
Justice, est-ce qu’on doit
Te faire nous-même ?

Car je t’accuse
De fermer les yeux alors que t’as tout vu
Je t’accuse
Fais pas l’innocente, t’as rien fait quand t’as su
Je t’accuse
Main droite levée
Je t’accuse
Et j’assume

Et j’assume

Pour toutes celles que la violence à condamner au silence
Je t’accuse

Pour celles qui avaient prévenu mais que t’as jamais entendu
Je t’accuse

Pour celles qui prennent la plus lourde des peines
Pour les victimes de ton système

Je t’accuse
Et j’assume