J’ai été violée à l’âge de 8 ans. Puis, ma vie, jusqu’à mes 40 ans, n’a été qu’un parcours d’abus et de luttes pour enfin trouver la Paix.
J’ai couché avec un nombre incroyable d’hommes, de façon très robotique, absolument désincarnée.
Je pleurais souvent après.
Je me suis faite poursuivre, touchée, frottée, matée dans la rue, les magasins, les boîtes de nuit, le métro…
Je pensais que je devais sentir le sexe pour être tellement harcelée, je pensais que c’était pour ça qu’à 8 ans j’avais été abusée.
J’ai été 4 ans, de mes 15 à 19 ans, avec un jeune homme qui me frappait et me détruisait psychologiquement. Je l’ai quitté pour le père de ma fille aînée, mais je m’ennuyais, c’était « trop normal ». Je l’ai beaucoup trompée, avec n’importe qui, n’importe quand, cela n’avait pas d’importance.
Je l’ai quitté, puis me suis mise en couple avec un homme qui se droguait à l’héroïne. Il m’a initié et je me suis droguée 3 ans avec lui… Je me foutais de tout, sauf de ma fille. Je me sentais si paumée, si nulle. J’ai commencé ma première thérapie.
J’ai déménagé et j’ai rencontré le père de mes 3 enfants suivants. La destruction psychologique… Les viols conjugaux, la maltraitance par les mots, l’écrasement de tout mon être… J’ai cru que j’allais crever, m’éteindre, mourir ne plus avoir la force… J’étais dans une relation de dépendance atroce, mais j’ai réussi à le quitter. J’ai doublé mes efforts, accompagnée par divers et nombreux thérapeutes.
J’ai mis 15 ans à ne plus avoir trop peur de lui. A ce jour, il a encore une emprise sur moi, même si je m’en suis sortie.
Je peux dire qu’aujourd’hui je suis avec un homme qui me respecte tant et si bien.
Mon calvaire continue, malgré tout, dans le sens où maintenant ce sont mes enfants qui sont touchés… l’histoire se répète… me suit…
Ma grand mère a été victime d’inceste, j’ai été violée, mes enfants ont été violés… les 4…
Aujourd’hui, ils m’en veulent tous plus ou moins… j’ai l’impression d’être le bouc émissaire de toute cette injustice. C’est une immense souffrance. Je pense que personne ne peut se douter vraiment à quel point elle me blesse, dans mon cœur, dans mon âme…
J’ai développé une thyroïdite d’Hashimoto, je suis certaine que cela a un rapport avec mon histoire, la souffrance de mes enfants… la gorge… la parole tue (non dite)… le stress immense…
La solitude, car même si je suis entourée, je me sens si seule.
Je n’en veux pas à mes enfants, ils ne peuvent pas savoir et je ne veux pas qu’ils minimisent ce qui leur arrive, je ne sais pas comment faire pour leur dire que ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas su faire, pas pu faire. Je ne veux pas qu’ils pensent que je me dédouane, mais vraiment, du fond du cœur, je n’ai pas pu faire plus.
Il est 3 heures du matin, je suis tombée par hasard (ou pas ?) sur votre publication, présentant ce blog. Cela m’a permis de coucher les mots et de dire, de m’avouer qu’en fait ce n’est pas anodin ce qui m’est arrivé finalement… J’en paie encore et toujours le prix… et un p.t… de sacré prix. Je me demande parfois comment serait ma vie sans avoir vécu cela.
Je suis forte, pleine d’amour, et j’ai tant de chance d’être debout encore.
Victoire
Bravo Victoire pour tes mots, ce combat. Il y’a certaines phrases dans ton témoignage qui résonnent fort chez moi. Je te souhaite du fond du cœur que tu te sentes allégée d’avoir partagé tout ça ici. Tu n’es plus seule à le porter, on est toutes (et tous) là pour se soutenir
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Coucher les mots
coucher les maux
coucher l’émotion
pour cesser de coucher.
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