Je voudrais témoigner sous forme de petit texte écrit il y a presque 2 ans… Ce texte dévoile ma souffrance, mon errance… Je vous le partage.

Mon petit érable du Japon

Samedi 16 mars 2019, je suis allée voir mon petit érable du Japon.

Je t’ai sauvé, quel bonheur de le constater ! Tu es comme moi à présent, rafistolée mais tu vis tant bien que mal, ou bien peut-être que tu survis…
Quelle différence cela fait-il à présent ?

Tu vas garder cette cicatrice au plus profond de toi, à jamais comme gravée, engrammée dans ta chair, sous ton écorce. Elle ne se verra pas ou presque pas, sauf aux yeux de ceux qui sauront te voir, t’apercevoir, te percevoir. Pauvre petit érable du Japon, écartelé, déchiré, ouvert, partagé en deux. Tu as bien failli y rester, il s’en est fallu de peu. Tu es meurtri jusqu’au plus profond de tes entrailles, mais la douleur, aussi atroce soit-elle, n’est rien. Ce n’est que le début d’une longue errance, « infinissable » errance, continuelle, perpétuelle, qui ne s’arrêtera jamais.

Parfois, tu auras un petit instant de répit et tu croiras que c’est fini, mais il te suffira d’un petit presque rien, infiniment petit rien, pour que resurgissent l’effroi, la torpeur, la stupeur ! A chaque hiver, chaque première neige, pourtant si blanche, si pure, tu revivras cela. Tu perdras ta candeur, ta blancheur, l’innocence de l’enfance.

Tu vas devoir lutter, petit érable du Japon, te battre pour continuer à pousser par le haut, par le bas, trouver ton espace et y garder ta place…

Je peux te rassurer, je suis là tout près de toi. Je t’ai sauvé, mon petit érable du Japon.

Elysa Battisti