Parcours de vie, chemin de reconstruction : « Je me devais de dire tout ce chemin parcouru » ou, durant ces nombreuses années, la poésie fut une autre manière indispensable d’exprimer beaucoup de choses, dans cette quête incessante de soi…

Autodidacte, ma poésie est celle de l’instinct, celle de l’émotion qui doit se dire, comme un exutoire, un grand élan de vie. Message d’espoir. Je ne cherche pas particulièrement à faire des figures de style, bien que certains de mes poèmes se démarquent plus que d’autres. C’est avant tout un besoin de m’exprimer, comme une urgence, une évidence. Les mots fusent sans que je ne puisse les retenir. Ils sont essentiels pour redonner un sens à tous les maux.

Ce besoin d’être aussi dans la légèreté des mots qui s’envoleraient là haut, tout là haut afin de sublimer et de positiver vaille que vaille. J’ai gardé cette faculté d’émerveillement que j’aime également mettre en mots. Cela crée dans ma poésie, à certains moments et dans ma façon d’appréhender les choses de la vie, un certain décalage que je revendique. Mes mots sont aussi empreints de Fantaisie.

Pourtant, il y a des années de cela, suite à un deuil et un burn-out qui s’ensuivra, j’ai dû reprendre un travail de thérapie que j’avais commencé bien des années plus tôt. Je n’avais pas eu le courage d’aller jusqu’au bout, trop difficile la résurgence de certains souvenirs… Pourtant, par la suite et grâce à cette démarche, cela m’avait permis de vivre un peu normalement. Notamment, par la suite, d’arriver à vivre une amitié et une belle histoire d’amour. Je dédie mon recueil et des poèmes à cette personne.

Son décès fut pour moi un véritable tsunami.

J’ai dû donc reprendre ma thérapie, avec en prime un stress post-traumatique qui se réactivait puissance mille. Je n’avais pas d’autre choix cette fois-ci, vu mon état, que de poursuivre ce travail sur soi jusqu’au bout. J’ai eu la chance de reprendre ma thérapie avec le même thérapeute, son écoute, son engagement, son soutien sans faille m’ont permis de poursuivre ce long chemin de reconstruction.

En affrontant mes peurs réactivées, mes traumatismes, je retrouvais peu à peu ma santé. Il m’a fallu de très nombreuses années pour y arriver. Je m’y suis acharnée avec volonté et ténacité. Je suis passée par toutes les émotions. J’ai dû également apprendre par la suite à canaliser ma colère. Cela s’est fait par étape, par palier. C’est un travail de longue haleine qui m’a demandé énormément d’énergie.

En parallèle, j’ai commencé à écrire des mots/maux. Je reprenais doucement confiance en moi et dans les autres. Je m’osais un peu plus. J’osais enfin libérer mes mots qui me donnaient accès à ma vérité et, par la même occasion, à ma santé, que je retrouvais progressivement. Ce fut long, très long. J’ai alterné avec de nombreuses rechutes. Pour ensuite passer par une longue période de convalescence et ensuite me stabiliser. Cela se compte en années, entre chaque étape.

Mon recueil de poésie en parle. Je dirais qu’il est autobiographique. Il porte aussi une part de spiritualité avec ce lien très fort que j’ai avec la nature.

Par la suite, doucement a commencé à germer cette envie de faire publier mes poèmes. Ça m’a pourtant pris des années avant d’oser faire aboutir ce projet d’écriture. Il a fallu que cela mûrisse.

Toujours en thérapie, je me disais que tout ce travail sur soi ne pouvait pas rester vain. Je me devais de faire entendre et comprendre tout ce chemin parcouru. Il m’avait fallu tellement d’années ! Tellement de temps pour me retrouver entière, vivante.

Il m’avait fallu tellement de temps pour me reconstruire.

Tout ce chemin ne pouvait pas être nié. Je me devais de laisser une trace en faisant publier mes poèmes. Je prenais conscience que cela faisait intégralement partie de ma reconstruction. Ça devenait une certitude. Même si, malgré tout, j’étais tiraillée par diverses émotions. J’allais vers la vie.

Ce recueil de poésie en définit le parcours. Bien que mes mots soient pudiques, sensibles, ils sont aussi directs. Ils sont le parcours de mon chemin de vie où l’enfance n’est jamais bien loin…

Je me suis ensuite tournée vers la maison d’édition Edilivre. J’aurais pu passer par un éditeur plus classique, mais ça me demandait et prenait déjà tellement de temps, mon principal but était d’être publiée. Je ne voulais pas que ça dure encore des années.

C’est une belle équipe qui a su m’accompagner dans ce projet. Comme un rêve d’enfant qui se réalisait enfin.

C’était essentiel pour moi de laisser une trace, d’être entendue. Ce combat que j’ai mené durant ces nombreuses années avec volonté, acharnement et ténacité, ne pouvait pas rester dans l’ombre et être nié.

Je tenais également à ce que l’on sache que nous pouvons nous reconstruire, c’est possible. Même si cela m’a demandé énormément de temps dans ce travail de profondeur. Je voulais rajouter ma pierre à cet édifice en message d’espoir. Je le dois à l’enfant que je fus.

Même si, cela reste avant tout, de la poésie.

Voici mon premier recueil de poésie : « La couleur de mes mots »

https://www.edilivre.com/la-couleur-de-mes-mots-2c6707b859.htm

Merci à Anne-Lucie d’être dans cet accueil.

Corinne.